Le temps passe et le matériel s’épuise. Rien ne dure, même ce que l’on croit préserver. Cette fois, ma Xbox 360 a déposé les armes.

Aujourd'hui est un jour maudit. La Xbox 360 qui m'accompagnait depuis maintenant presque 20 ans a définitivement rendu l'âme. Une page se tourne et il n'y a point de retour en arrière possible.

Cette console était le souvenir vivant de l'époque où j'étais un jeune adulte débutant dans la vie active. J'avais cédé à son appel en 2008 après avoir franchi les portes du magasin "Games" de Val Fontenay, avant que la chaîne ne s’effondre brutalement quelques années plus tard.

J'avais été séduit par le bundle comprenant une console avec disque dur, une manette sans fil, un câble vidéo AV et le superbe Tomb Raider Underworld ! Par la suite, j'ai rapidement complété la console avec une télécommande pour la lecture de DVD et un adaptateur WiFi pour m'éloigner de la box Internet.

Ce changement de cap visait avant tout à me simplifier la vie et gagner en espace. À cette époque, je jouais essentiellement à des jeux modernes sur PC, mais aussi un peu de rétro sur Dreamcast. De retour en force sur le territoire métropolitain, ma nouvelle situation ne me permettait plus de m’encombrer d'une tour et de tout un attirail pour jouer.

Plus délicat encore, j'avais emménagé avec la future mère de mes enfants dans un petit studio. Même si la Dreamcast remplissait parfaitement son rôle, mon regard était encore porté vers l'industrie moderne du jeu vidéo.

Jouer sur PC devenait de toute façon trop compliqué et chronophage alors que j'étais en train de construire mon avenir. Il me fallait une console à poser sous la télé et basta.

Entre nous, la Dreamcast était idéale, mais il ne faut pas oublier que jouer sur une console d'ancienne génération, c'était très ringard aux yeux des autres, même des joueurs. Il fallait à chaque fois se justifier et expliquer, mais cela n'empêchait pas les moqueries incessantes.

Une console au cœur de mon quotidien

Pour être dans l'ère du temps, la Xbox 360 était sur le papier la plus intéressante de toutes, notamment pour son prix attractif et son catalogue assez proche du PC. Il faut dire que la PlayStation 3 n'avait pas une bonne réputation à cette période. Elle souffrait de problèmes d'optimisation sur les jeux multi-plateformes et de fiabilité.

Ce qui m'a conforté à prendre une Xbox 360, c'est qu'elle semblait être le successeur spirituel de la Dreamcast, d'autant plus que Microsoft et SEGA s'étaient rapprochés pour travailler sur une console. Pour moi, c'était vite vu.

Au fil des années, j'ai passé de très bons moments sur Xbox 360 et je ne regrette rien. Sur cette bécane, mes jeux de prédilection sont sans conteste Virtua Fighter 5, qui fut mon second titre possédé, puis Dead or Alive 4, Ridge Racer 6, Ninja Gaiden II, Vanquish, Dead to Rights: Retribution ou encore Ninja Blade.

Avec ces quelques softs posés fièrement sur l'étagère, j'avais réellement l'impression d'avoir entre les mains une "Dreamcast II". Le logo Microsoft à la place de SEGA, je n'y voyais que du feu. Le cœur bat vite et fort.

La Xbox 360 m'a accompagné partout. C'était mon système central et je ne compte pas les innombrables heures de bonheur passées sur NBA 2K9, que ce soit en local ou en ligne. Je n'oublie pas non plus les longues parties sur Resident Evil 5 en coopération avec les amis ou bien la découverte d'Oblivion qui m'a littéralement transcendé.

Hélas, c'est à partir de 2015 que j'ai définitivement rangé la machine. J'ai été très déçu des annonces de Microsoft concernant leur prochain système, notamment lorsque j'ai appris qu'il n'y aurait aucune rétrocompatibilité. Il ne serait même pas possible de récupérer les jeux achetés sur le Xbox Live !

Je me suis senti trahi, piégé. Alors j'ai lâché l'affaire. Je suis retourné jouer sur PC en passant par Steam afin de reprendre une pseudo liberté. J'avais une vie bien plus stable et un vrai espace pour un bureau.

Le retour du rétro et la rupture

Jouer sur PC m'allait très bien pendant un temps, mais comment oublier le mythique Virtua Fighter 5 ou le sublime Ninja Gaiden II ? C'était purement impossible !

J'ai fini par ressortir la console de temps à autre pour prendre une bouffée d'arcade dans la tronche. Une sorte de shoot d’adrénaline qui fait un bien fou. J'ai tenté de retrouver la même expérience sur PC, mais j'ai toujours été très mécontent du résultat.

Le point de bascule s'est fait lorsque j'ai abandonné les jeux modernes pour renouer avec mes premiers amours : les consoles SEGA. Face à la Mega Drive, la Saturn et la Dreamcast, la Xbox 360 a très vite fini aux oubliettes. Je ne voulais plus entendre parler de jeux "next-gen", même si je gardais encore beaucoup d'affection pour Virtua Fighter 5 et Ninja Gaiden II.

Dans son plein repos, la belle a connu plusieurs déménagements. Je ne me suis jamais inquiété quant à un potentiel dysfonctionnement. Après tout, je ne l'ai jamais maltraitée. Elle a toujours reçu un traitement soigné et respectueux.

Mais contre toute attente, la console n'a pas réussi à survivre au temps. Je l'avais sortie l'été dernier pour amuser les enfants et me refaire une fois de plus Ninja Gaiden II, mais cette fois, plus rien n'allait.

Le lecteur DVD peinait à s'ouvrir et à se fermer. Je pouvais entendre le mécanisme agoniser, alors j'ai pris l'initiative de ne pas le solliciter davantage en jouant uniquement avec les jeux présents sur le disque dur.

Cette solution a tenu jusqu'à ce que l'écran devienne noir. La console affichait trois LED rouges sur la façade : le fameux "Red Ring of Death".

Je me suis convaincu que ce problème allait disparaître par miracle ou que c'était dû au lecteur DVD défectueux. Rien de grave ! J'avais rangé la console en attendant d'avoir la motivation de m'en occuper sérieusement.

Le Red Ring of Death

Après plusieurs mois, j'ai fini par trouver le temps de démonter soigneusement la bête en suivant un tutoriel vidéo pour ne pas avancer à l'aveugle. Rien ne pouvait m'arrêter. Cette folle envie de jouer à Virtua Fighter 5 était trop viscérale. Je me voyais déjà fracasser mes adversaires et m'imposer dans toutes les salles d'arcade du Japon !

Quelques clips, quelques vis, et la carte mère se révèle à mes yeux. Je suis à la fois étonné et rassuré. J'imaginais une conception beaucoup plus complexe, mais en réalité, c'est relativement simple : une carte mère, un gros radiateur, des ventilos, un lecteur optique.

Je retire toute la poussière accumulée pour faire respirer la console. J'y crois, elle va fonctionner de nouveau et la partie va reprendre.

Cependant, le doute s'installe quand je constate que les LED rouges sont toujours présentes. Je débranche le lecteur DVD, mais rien à faire. Je récupère alors le code erreur en appuyant longuement sur le bouton de synchronisation et d'éjection. La séquence débute... Pour afficher le numéro suivant, il faut appuyer à nouveau sur le bouton d'éjection.

J'obtiens : 4 LED, 1 LED, 1 LED et 4 LED. "4 LED" équivaut à 0, le code d'erreur est donc 0110, soit un problème lié à la RAM. D'après mes recherches, il s’agirait d'un problème provenant de la soudure. La console détecte une anomalie et se met alors en sécurité.

Bon d'accord, mais comment réparer ? C'est là que cela se corse. La réparation coûterait bien plus cher que la console, qui se trouve aux alentours d'une cinquantaine d'euros selon l'état.

La PlayStation 2 comme remplaçante

C'est une descente en enfer. La réalité est implacable : il ne me sera plus possible de jouer à mes jeux favoris de cette génération. Oui, je pourrais partir en quête d'une nouvelle Xbox 360, mais cette infortune me rappelle que je possède actuellement trop de consoles qui ne tournent pas ou peu.

Pourquoi garder toutes ces consoles sans avoir la possibilité, ni parfois l'envie, d'en profiter ? Le parfait exemple est ma PlayStation 2 qui traîne depuis des mois dans une boîte avec ses jeux.

La faute à un bloc optique qui ne lit plus rien ou difficilement. Il faudrait que je songe à la réparer ou à la remplacer, car au fond, je trouve la PS2 me correspond mieux pour sa quantité impressionnante de jeux d'arcade. Quoi qu'on pense de Sony, cette console a un catalogue phénoménal avec une saveur nipponne qui a tristement disparu.

Puis soyons lucides : la Xbox 360 n'a jamais été une console fiable. Déjà à l'époque, nombreux sont ceux qui ont rencontré des problèmes avec le matériel. Le plastique semble mal vieillir, le bloc optique fatigue et les manettes s'usent vite.

Son véritable avantage est de pouvoir la brancher sur un écran LCD via la connectique HDMI et de profiter d'un écran large. Je parle bien sûr d'un écran de PC ou d'une télé 1080p. J'ai déjà tenté de brancher la console sur un grand écran 4K Sony et malgré la qualité de son upscaler, la latence fut ignoble.

Il me faudra alors trouver de la place dans le meuble pour caser ma PS2 Slim, ce qui ne sera pas chose facile. Le combo Mega Drive premier modèle et Mega-CD II s'accapare tout le plateau. Il faut dire que la bête en impose, et pas qu'un peu !

Mais avant toute chose, je dois faire mes adieux à la défunte. À vrai dire, je ne sais que faire de sa carcasse qui ne semble intéresser personne. Sur Internet, les Xbox 360 en vente pour pièces tournent aux alentours d'une dizaine d'euros. Vraiment, je ne vois aucun intérêt de perdre du temps avec ça.

Les jeux sont aussi difficiles à faire partir. La plupart ne cotent pas et pour éviter de faire des aller-retours incessants avec le point relais, je préfère proposer un lot.

Une réflexion sur l’accumulation du matériel

La mort de ma Xbox 360 m'amène encore plus à la réflexion au sujet du matériel que je détiens. Vouloir tout garder pour hypothétiquement y jouer dans le futur me semble superflu. Ranger une console dans une boîte et croire qu'elle fonctionnera comme au premier jour est un pari risqué.

Cela met en évidence que j'ai trop de systèmes, pas assez de temps ni de place pour en profiter pleinement. Même si j'avais une "gaming room" dédiée, est-ce que j'en profiterais réellement ? J'en doute.

À force de vouloir posséder, collectionner, archiver, on finit par oublier que le jeu vidéo n'est pas censé être une prison, ni une corvée entre logistique, diagnostic et entretien.

Il me paraît encore plus évident que la Mega Drive est et restera mon système principal avec la Saturn et la Dreamcast. Le reste, c'est du surplus qui finira, peut-être, un jour par mourir.

Navigation :