Fini la plage et la piscine, place à l'orage. Je profite de ce temps mort forcé pour poser le bilan de mes alternatives au smartphone à tout faire. Quand la technologie redevient un choix d'outils ciblés et non une prison mentale.

Les vacances au soleil sont au point mort. Le ciel s’est sévèrement gâté, laissant place à une chape grise et orageuse. Fini la plage et la piscine ; me voilà coincé dans le mobil-home pour la journée. Plutôt que de flâner en espérant un retour hypothétique du beau temps, je préfère mettre ce temps mort à profit. C'est l'occasion idéale de poser un premier bilan, après deux semaines passées à utiliser au quotidien mes alternatives au smartphone.

Si tu as pu lire mon récit sur le Jelly Max, tu sais alors que je cherche à me défaire complètement du smartphone afin de retrouver une vie plus simple et, par conséquent, moins connectée. Le Jelly Max est un tout petit téléphone qui s'avère bien pratique pour l'usage que j'en fais : appels, messages, météo, musique, appareil photo d'appoint et GPS. Cela fait plusieurs mois que je l'utilise et je dois dire que j'en suis très content. Ce que j'apprécie par-dessus tout, c'est sa taille minuscule qui me permet de le transporter sans compromis. Il est tellement discret qu'il m'arrive parfois de paniquer, pensant l'avoir perdu, alors qu'il est simplement au fond de ma poche ou de ma sacoche.

Avec le Jelly Max, j'ai vraiment le sentiment de retrouver la philosophie des téléphones des années 90, même si j'aurais apprécié une interface mieux adaptée à sa petite diagonale et, surtout, la présence d'un clavier physique. En tant qu'appareil de communication, il remplit parfaitement son rôle et je n'ai aucun mal à l'oublier dans un coin. D'ailleurs, je l'ai souvent laissé au mobil-home durant la journée pendant que j'étais à la piscine. Après tout, pourquoi s'en encombrer ?

Pour lire l'heure, je dispose d'une superbe G-SHOCK série Ninja (modèle DW-6900NNJ-1). Il n'y a rien de plus efficace, surtout dans l'eau, et elle me permet en plus de lancer un chrono lorsque je fais mes longueurs de bassin. Ce n'est pas une montre qui attire l'œil, mais elle a un look d'enfer avec son motif et son cadran.

Plus qu'une pièce de collection, cette G-SHOCK Ninja ne me quitte jamais. Sur l'écran, le chrono tout juste figé de mon record en nage d'apnée
Plus qu'une pièce de collection, cette G-SHOCK Ninja ne me quitte jamais. Sur l'écran, le chrono tout juste figé de mon record en nage d'apnée

Pour les photos ? J'ai toujours mon Lumix dans la sacoche, prêt à capturer des clichés n'importe où, même en immersion. Pour moi, ce fut un réel plaisir de réapprendre à photographier ainsi, et l'album photo de ces vacances est déjà une vraie réussite. Alors oui, c'est un appareil qui prend de la place, mais sa présence est parfaitement légitime puisque la qualité des photos est nettement supérieure à celle du Jelly Max. Je dois dire que je préfère son rendu plus brut par rapport aux smartphones actuels qui ont tendance à sublimer artificiellement les clichés. C'est flatteur pour l'œil, certes, mais bien loin de la réalité.

Bien sûr, la carte mémoire de l'appareil photo ne peut pas stocker une masse infinie de clichés, mais qu'importe ? Au contraire, cette limite évite de mitrailler à tout va ; elle force à s'appliquer lors de la prise et à faire un tri rigoureux une fois de retour au mobil-home. Je trouve cette routine bien plus agréable qu'avec un smartphone : il me suffit de retirer la carte SD et de l'insérer dans mon ordinateur portable (un vieux Dell Latitude E4300). Avec un smartphone, les photos restent trop souvent prisonnières de sa mémoire interne.

Pour le partage, j'ai déployé Piwigo sur mon VPS. C'est une application très pratique qui permet aux membres de la famille de consulter facilement les photos de vacances et de rester à la page grâce au système de notifications. Fini, donc, les envois partagés en masse par SMS qui commençaient à m'agacer.

Quant à la musique, c'est du sérieux. Le Jelly Max se défend bien et dispose de l'application Spotify prête à l'action. Je l'utilise avec une enceinte sans fil JBL lorsque je ne veux pas déranger le voisinage, ou la nuit lorsque je suis au repos. Cependant, c'est loin d'être suffisant pour mon profil. La plupart du temps, j'écoute mes albums en FLAC sur un Hidizs AP80 PRO-X. C'est une vraie arme de guerre ! Un système audiophile qui tient dans la paume de la main, doté d'une mémoire de 256 Go grâce à sa carte micro SD. Oui, c'est du sérieux, je t'avais prévenu.

Cet appareil est idéal pour écouter du heavy metal à fond de balle au bord de la piscine ou sur le transat avec mes intra-auriculaires sans fil, des Soundcore Liberty 4. Je regrette seulement que la portée pose problème. Même à courte distance, le son décroche ou perd en qualité. Au bord de l'eau, l'AP80 reste sous le transat et il faut bien orienter la tête pour éviter les coupures. C'est gênant, mais rien ne vaut l'écoute de l'album The Day After d'Allied Forces les pieds dans la piscine, en contemplant la vue entre quelques passes de ballon.

L'écoute continue également sur le transat après une bonne baignade. C'est difficile de couper, surtout quand j'ai entre les mains le manga Crying Freeman. Ma bulle audio me permet de gommer tout le bruit ambiant, composé essentiellement de cris d'enfants, de rires et de plongeons. C'est primordial pour réussir à me plonger dans cet univers sombre et mature.

 Crying Freeman est le manga idéal à lire au bord de la piscine, le son métal dans les oreilles et la peau qui brûle sous le soleil.
Crying Freeman est le manga idéal à lire au bord de la piscine, le son métal dans les oreilles et la peau qui brûle sous le soleil.

Lorsque j'ai besoin d'une écoute plus qualitative, j'utilise mes écouteurs Hidizs MP145, essentiellement à l'intérieur. Ce serait vraiment dommage de les endommager à cause de l'eau de la piscine ou d'une manipulation maladroite. Pour mettre l'ambiance ou faire une petite séance d'entretien musculaire, je branche l'AP80 sur mon boombox Hitachi 3D8S via son entrée ligne RCA. Le son est puissant, il domine en force chaque pièce jusqu'à s'imposer aux alentours du mobil-home. Le format FLAC exploite bien les capacités du poste, et la gueule du 3D8 en jette un max. La bête impressionne toujours, même auprès des plus jeunes.

Je regrette seulement d'avoir commandé un nombre insuffisant de piles rechargeables pour faire tourner la bête lors de mes déplacements, ou simplement pour le trimbaler librement dans le mobil-home. J'étais persuadé que 4 piles seraient suffisantes, mais il en demande le double ! C'est triste, mais le 3D8S se retrouve parqué sur une prise de courant de la cuisinette, l'espace étant de toute façon très limité...

L'Hitachi 3D8 avec le Hidizs AP80 PRO-X, c'est LE combo qui envoie du lourd sans concession.
L'Hitachi 3D8 avec le Hidizs AP80 PRO-X, c'est LE combo qui envoie du lourd sans concession.

L'orage gronde à nouveau, et je réalise que j'ai bien fait d'emporter avec moi l'Evercade EXP. Cette console portable prenait la poussière chez moi depuis des lustres. Je n'avais jamais vraiment trouvé l'opportunité d'en profiter et, à chaque tentative, j'étais déçu par sa croix directionnelle et son écran aux pixels trop fins. Le fait d'être bloqué à l'intérieur alors que la pluie tombe inlassablement m'a poussé à apprivoiser la machine et à enfin apprécier les sessions. Le plaisir prend une tout autre dimension une fois la console reliée au 3D8. Quel régal de se faire un Street Fighter II ou un 1944: The Loop Master avec un son qui déboîte !

Le soir, l'Evercade avec Street Fighter II branché sur le poste Hitachi est le meilleur moyen de prendre une bonne bouffée d'air à défaut d'avoir un CRT et une Mega Drive sous la main.
Le soir, l'Evercade avec Street Fighter II branché sur le poste Hitachi est le meilleur moyen de prendre une bonne bouffée d'air à défaut d'avoir un CRT et une Mega Drive sous la main.

Ce premier bilan de vacances confirme ce que je pressentais : éclater ses usages sur plusieurs outils dédiés, loin d'être une contrainte archaïque, est une véritable libération. En me privant d'un smartphone à tout faire, je me suis surtout privé de ses distractions permanentes. Quand je suis dans l'eau, je nage. Quand je lis mon manga, je lis. Quand j'écoute de la musique, j'apprécie chaque note sans qu'une notification intrusive ne vienne briser l'instant.

L'attention n'est plus découpée en tranches, elle est entière. L'ennui provoqué par cet après-midi d'orage n'a pas été comblé par un défilement infini sur un écran brillant, mais par le plaisir simple de redécouvrir une console oubliée au son d'un bon vieux boombox. Retrouver le contrôle de son temps et de son esprit, c'est peut-être ça, le vrai luxe de notre époque.

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