L'histoire du Mega CD
Les incontournables du Mega CD
De nos jours, le Mega CD reste un support peu convoité par les joueurs en raison de son prix excessif et de son catalogue de jeux trop souvent méconnu, mais en se donnant les moyens, il est tout à fait possible de mettre la main sur d’excellentes pépites à découvrir. Pour vous en donner un petit aperçu, j’ai pris soin de sélectionner quelques jeux que je juge indispensables sur Mega CD.
Sonic CD
Parmi les jeux indispensables figure sans conteste Sonic CD qui est le best-seller du Mega CD avec ses 1,5 million d’exemplaires vendus. Une belle performance pour un jeu qui au départ était un simple portage de Sonic 2 avant d’être transformé en un nouvel épisode exclusif plus enclin à démontrer les capacités techniques du Mega CD. Sonic CD rassemble un nombre incroyable de niveaux qu’il est possible de traverser à différentes époques et insère des bonus stages qui utilisent ingénieusement les effets de rotation et de zoom. Même si depuis cet épisode a été réédité à maintes reprises sur divers supports, il restera à jamais un must have sur Mega CD d’autant plus que c’est l’un des rares jeux à tirer un tant soit peu profit des capacités de la machine.
Final Fight CD
Final Fight CD est aussi une belle réussite puisque cette adaptation entièrement réalisée par SEGA se veut très proche de la version arcade bien que ce dernier souffre d’une limitation technique lui empêchant d’afficher à l’écran plus de quatre adversaires en même temps. Néanmoins, on retrouve toutes les bonnes sensations de la borne avec quelques nouveautés en bonus telles que des cinématiques animées, une bande-son entièrement réenregistrée et la venue d’un mode time attack. Cela reste plutôt léger en termes de contenu, mais Final Fight CD reste sans conteste la meilleure version console disponible sans devoir passer par de l’émulation.
Fatal Fury Special
Le Mega CD s’est aussi du vs. figthing pur et dur à l’ancienne avec Fatal Fury Special dont le portage a été confié, cette fois, au studio norvégien Funcom et édité par JVC. Contrairement à ce que nous avions l’habitude de voir sur Mega Drive, cette conversion est tout juste impressionnante même si toutefois on y constate un nombre de couleurs amoindries, quelques frames en moins au niveau des animations et des décors amputés de plusieurs éléments. Mis à part ces quelques déconvenues, le jeu s’avère plus convaincant et plaisant à jouer que les honorables versions publiées sur PC-Engine et Super Nintendo. À défaut de ne pas posséder de NeoGeo à la maison, ce Fatal Fury Special CD devrait sans trop de mal satisfaire la majorité des amateurs de baston 2D.
Samurai Shodown
Après un premier portage de bonne facture avec Fatal Fury Special, Funcom s’est également chargé d’adapter Samurai Shodown sur Mega CD et le résultat se veut plutôt convaincant même si ici on est encore loin d’égaler la version NeoGeo. Sans surprises donc, on retrouve les mêmes concessions qui ont été faites dans Fatal Fury Special et il faut aussi souligner que le personnage Earthquake a été fâcheusement retiré du casting en raison de sa taille beaucoup trop grande pour être géré aussi puissant soit le combo Mega Drive / Mega CD. Cela dit, cette version CD reste le meilleur choix possible sur console 16-bit d’autant plus qu’elle est parfaitement compatible avec la manette 6 boutons.
Popful Mail : Magical Fantasy Adventure
Initialement développé en 1991 par Nihon Falcom pour les ordinateurs PC-8801 et PC-9801 de NEC, Popful Mail : Magical Fantasy Adventure est un excellent jeu d’action-RPG où le joueur incarne le chasseur de prime, Popful Mail, parti à la recherche d’un mystérieux magicien. Bien que le titre soit disponible sur PC-Engine CD et Super Nintendo, c’est surtout la version Mega CD que l’on retiendra pour ses superbes cinématiques, ses dialogues en audio et diverses améliorations. Néanmoins, il faudra se contenter de la version américaine ou japonaise, car le titre n’est malheureusement jamais apparu dans nos contrées.
Robo Aleste
Impossible pour tout amateur de shmup de passer a coté de Robo Aleste, le digne héritier du mythique Musha Aleste sur Mega Drive. Dans cet épisode exclusif au Mega CD, il est désormais question d’évoluer dans un univers futuriste moyenâgeux à l’ère Sengoku où le joueur contrôle un mecha d’une armée de ninja robotique en guerre contre des seigneurs féodaux. Compile signe ici un jeu incroyable qui exploite plutôt bien les capacités du Mega CD notamment en utilisant pleinement des effets de rotation et de zoom, mais aussi en affichant un nombre ahurissant de sprites à l’écran. Comme si cela ne suffisait pas, le titre s’accompagne de superbes cinématiques qui viennent agrémenter le scénario avec en prime des compositions musicales mémorables. Nul doute, Robo Aleste est un mega hit en puissance qui pourrait justifier à lui seul l’achat d’un Mega CD surtout si vous êtes un gros mordu de shmup.
Snatcher
Snatcher est un jeu d’aventure graphique développé sur PC-8801 et MSX2 en 1988 par Hideo Kojima pour le compte de Konami. Au fil des années, le titre s’est vu porter sur diverses machines allant de la PC-Engine jusqu’à la Saturn, mais c’est la version Mega CD qui s’avère être la plus intéressante à jouer puisqu’elle est la seule à avoir été libérée en dehors du Japon. Dans cette grande aventure futuriste à l’ambiance cyber punk, il est question d’incarner un agent de police, Gilian Seed, dont le travail consiste à traquer et découvrir l’origine d’étranges cyborgs apparus mystérieusement pour prendre discrètement la place des humains dans leur vie quotidienne. La sortie en occident de Snatcher a occasionné quelques modifications dont une censure sur plusieurs scènes afin ne pas heurter la sensibilité des jeunes joueurs, mais il s’agit de la version la plus aboutie à ce jour. On regrettera seulement que le jeu n’ait pas bénéficié d’une traduction française et que la plupart des dialogues audio ne disposent malheureusement d’aucun sous-titre, ce qui rend la compréhension difficile pour les joueurs n’étant pas particulièrement à l’aise avec la langue de Shakespeare.
Le Mega CD de nos jours
26 ans après sa première apparition dans l’histoire du jeu vidéo, le Mega CD fait encore parlé de lui, mais cet objet est surtout convoité par les collectionneurs fins désireux d’acquérir la première version qui s’accorde le mieux avec le design originel de la Mega Drive. C’est pourquoi on note une différence de prix importante avec le Mega CD II qui se négocie généralement autour d’une centaine d’euros pour du matériel fonctionnel et le double lorsque la boîte est fournie avec le manuel d’utilisation.
Pour un joueur, il est donc beaucoup plus intéressant financièrement de se procurer un Mega CD II surtout que ce dernier est relativement plus fiable, mais il faut bien veiller à ce que la petite cale soit fournie pour une parfaite adaptation avec la Mega Drive de première génération. Par ailleurs, il se peut que la pile permettant de garder en mémoire les sauvegardes ne soit plus fonctionnelle, mais son remplacement n’est pas chose aisée, car SEGA a songé bon de la souder à la carte mère. Si vous n’êtes pas habitué à manier le fer à souder, il existe une alternative plus simple qui consiste à se procurer une cartouche de sauvegardes (Backup Ram Cartridge) à insérer dans la fente réservée aux jeux Mega Drive.
Outre le prix du Mega CD, les jeux sont eux aussi très chers que ce soit en version américaine, européenne ou japonaise. À titre d’exemple, pour des titres aussi commun que Sonic CD et Final Fight CD, il faut prévoir de débourser la soixantaine d’euros, mais d’autres jeux peuvent dépasser largement la centaine d’euros comme Robo Aleste, Snatcher, Keio Flying Squadron, Fatal Fury Special, Terminator ou bien encore Flynk. Si vous avez prochainement décidé d’acquérir un Mega CD, gardez bien à l’esprit que les prix pratiqués pour les jeux sont en moyenne plus élevés que ceux pour la Mega Drive.
Une autre contrainte vient s’ajouter, car le Mega CD ne peut pas fonctionner avec une console d’une région différente. Cela signifie que si vous possédez une Mega Drive japonaise (NTSC J), il ne sera pas possible de l’utiliser avec un Mega CD européen (PAL) et vice versa. Néanmoins, il est possible de dézoner complètement un Mega CD grâce à l’installation d’un « free bios », ce qui permet de profiter de tout le catalogue de jeux sans la moindre restriction. Attention toutefois, car c'est une opération très délicate réservée aux experts de la soudure, mais en utilisant le Mega EverDrive de krikzz, il est possible de profiter simplement d'un dézonage temporaire. Le Mega CD a aussi la particularité de n’embarquer aucune protection contre la copie, ce qui rend tout à fait possible l’utilisation d’un jeu gravé sans aucune modification ou manipulation spécifique. Cette absence de protection s’explique certainement dû fait qu’il était à l’époque extrêmement coûteux et contraignant de graver un jeu soit même.
Conclusion
Malgré son impopularité, le Mega CD fut une machine au potentiel énorme qui n’a malheureusement jamais réussi à conquérir le cœur des joueurs. Avec le recul, on ne peut que déplorer le manque d’investissement de la part de SEGA dans cette grande aventure qui aura tout de même eu le mérite de permettre à l’industrie d’expérimenter la technologie CD et de préparer le terrain pour les futures générations de consoles.
Alors oui, la FMV aura indéniablement apporté une expérience nouvelle jusque-là réservée aux joueurs PC, mais il faut reconnaître que le Mega CD n’a jamais été une machine adaptée à ce type d’exercice et il est aussi bon d’admettre qu’aucun jeu proposé n’a su exploiter convenablement le concept. Si l’histoire était à refaire, il aurait été plus raisonnable de miser dans un premier temps sur le portage des gros hits de l’arcade en guise de démo technique puis d’alimenter le catalogue avec plusieurs titres exclusifs exploitant convenablement les capacités techniques du Mega CD de manière à inciter un maximum de joueurs à upgrader leur Mega Drive sans la moindre hésitation.
Il est d’ailleurs étrange que SEGA n’ait jamais pris l’initiative de sortir plusieurs suites de ses licences phares telles que Streets of Rage, Golden Axe ou bien Shinobi qui auraient assurément fait vendre davantage de Mega CD. De plus, l’apparition du Multi-Mega est aussi étonnante, car ce baladeur rendait l’expérience abordable financièrement pour les personnes souhaitant passer à la technologie CD tout en profitant de la ludothèque Mega Drive. Il est vraiment dommage que SEGA n’est pas repoussé la date de sortie du 32X afin de se focaliser plus sérieusement sur le Mega CD avant de passer bien plus au tard sur une nouvelle console.
Aujourd’hui, il est tout à fait compréhensible que la majorité des joueurs continuent de bouder le Mega CD voire pour certains fans de la renier, mais en prenant la peine d’éplucher son catalogue avec la plus grande attention, on finit par découvrir avec stupéfaction des pépites insoupçonnées. Une sorte de trésor oublié que seuls les joueurs les plus curieux et les plus fidèles à la marque peuvent encore prétendre à découvrir.
Références de l'article :
- https://sega.jp/fb/segahard/mcd
- https://sites.google.com/site/consoleoldies/sega/megadrive/mega-cd
- https://segaretro.org/Sega_Mega-CD
- Service Games : The Rise and Fal of SEGA de Sam Pettus